Le modelage

Pour obtenir une pièce en métal fondu, il faut un modèle sur lequel mouler. Des nombreuses techniques existantes, celle que je préfère est le modelage. A l'inverse de la sculpture qui procède par enlèvement de matière, le modelage est une construction. J'utilise de la plastiline, neuve à chaque modelage, qui présente l'avantage de ne pas se déshydrater, ni se rétracter. De plus, toutes les erreurs sont rattrapables, et la matière est utilisable longtemps. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il est plus difficile de sculpter une matière molle, car elle se déforme sous la pression de l'outil.
Le premier travail consiste à mettre en place les principaux volumes sans se préoccuper des détails. Comme dans un écorché où les muscles représentent la disposition des masses invisibles sous la peau, il faut empiler de petites quantités de matière, les solidariser à petits coups de spatule, pour obtenir les formes générales invisibles sous les détails qui seront plaqués par dessus. Cette technique permet de voir immédiatement des erreurs de proportion ou de dessin. C'est seulement lorsque tout le modelage est ainsi ébauché, que l'on passe aux détails. Il faut rajouter une mince couche de plastiline, par tout petits apports, que l'on modèle en respectant scrupuleusement le support sous-jacent. Le meilleur exemple de cette technique est le personnage drapé. On modèle d'abord un nu, anatomiquement très précis, puis on le drape en modelant les plis du tissus.
Les outils, en bois ou en métal, doivent être fabriqués par le modeleur au fur et à mesure de ses besoins. Pour les miniatures, il faut tailler des spatules à sections droites ou courbes, épaisses ou aiguës, dont la largeur ne dépasse pas la plupart du temps un à deux millimètres. Enfin, il faut se dire qu'un bon modeleur est en général un dessinateur convenable, et que des travaux graphiques préparatoires facilitent le modelage, en réalisant par exemple des coupes en différents points de la pièce ou des vues sous différentes perspectives.

 

Fonderie à la cire perdue

Il existe de nombreuses techniques de fonderie.
La seule qui intéresse la miniature est celle dite " à cire perdue". Il faut d'abord constituer un modèle.
Il doit être extrêmement précis car le plus petit défaut se reproduira sur toutes les pièces ultérieurement fondues.
Toutes les matières peuvent être utilisées pour sa confection, c'est le résultat à obtenir qui guide le choix.
Les dimensions du modèle doivent être calculées en fonction du retrait qui se produit lors du refroidissement du métal dans le moule. Lorsque le modèle est terminé, il est enfermé dans une boite à sa dimension et celle-ci est rempli de silicone liquide.
Après durcissement, le moule est ouvert, le modèle extrait et de la cire est injectée dans le moule.
Il faut autant de cires que de pièces à réaliser. Ces cires sont soudées sur un axe également en cire, puis un revêtement réfractaire est coulé sous vide. Un passage à l'étuve permet de durcir le revêtement et de fondre la cire.
Le métal en fusion est ensuite injecté, puis le revêtement brisé. Il reste à séparer les pièces de l'axe central par sciage.
Viennent ensuite les opérations classiques de finition : ébavurage, perçage, rassurée, polissage, dorure.
Il s'écoule souvent plusieurs mois entre le début de la conception d'un lustre miniature et le moment où, resplendissant de lumières, il sera pour la première fois présenté.